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Clunypedia
2007-en cours |
Indépendant

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Responsable techniqueArchitecte de solution

Douze ans à numériser et reconstituer le patrimoine perdu de l'Europe.

TECHNOLOGIES

PhotogrammétrieLiDAR terrestreNuages de pointsVisualisation 3DDonnées patrimoniales

La plus grande église du monde, replacée sur son empreinte après deux siècles.

Pendant près de six cents ans, l’abbatiale de Cluny fut la plus grande église de la Chrétienté, jusqu’à ce que Saint-Pierre de Rome finisse par la dépasser. Puis la Révolution l’a transformée en carrière de pierre, et elle a été démolie. J’ai dirigé la création de l’application de réalité augmentée qui la rétablit : placez-vous sur le parvis où sa façade s’élevait autrefois, levez votre appareil, et l’église disparue est de nouveau là, dedans comme dehors, pour la première fois depuis deux cents ans.

Douze ans, à travers l’Europe.

La reconstruction de Cluny n’était qu’une pièce d’un ensemble de captures patrimoniales étalé sur plus d’une décennie. De 2009 à 2020, j’ai sillonné l’Europe pour photographier une partie du réseau clunisien (les prieurés et abbayes liés à Cluny entre le Xe et le XVIe siècle) et réuni en 3D les copies numériques de nombreux bâtiments et objets, cartographiées sur clunypedia.com.

À Cluny même, ce travail a nourri Clunyvision, puis ClunEtour, un guide de la cité médiévale : contexte historique, gravures anciennes, modèles 3D de sculptures disparues du site depuis longtemps, et panoramas interactifs de l’église disparue. Il a tourné à l’office de tourisme pendant une dizaine d’années ; quelque 100 000 visiteurs y passent chaque année. (La numérisation de Cluny fut un effort collectif auquel j’ai contribué ; l’application de RA, elle, était un projet Paztec (la startup que j’ai cofondée) dont j’ai dirigé la réalisation.)

Mon premier jumeau numérique, avant d’avoir le mot pour le dire.

L’instinct remontait plus loin encore. En 2007, pour mon projet de fin d’études, j’ai numérisé une chapelle en ruines, la chapelle de Cruzille, et reconstitué virtuellement son état d’origine à partir des données de capture. Lorsque la chapelle a réellement été restaurée quelques années plus tard, j’ai resynchronisé le modèle en 2012 pour coller à ce qui avait changé : un double numérique qui suit son original physique au fil du temps.

Comment c’est fait.

Sur la plupart de ces projets, j’ai travaillé en capture hybride, LiDAR terrestre (scanners Faro Focus3D et Trimble ; un bras articulé Faro pour la sculpture) fusionné avec de la photogrammétrie plein format dans RealityCapture (aujourd’hui RealityScan) et Agisoft : le LiDAR pour la géométrie de haute précision, la photo pour la couleur et la texture, chacun comblant les angles morts de l’autre. Dans le cas le plus exigeant, j’ai numérisé seul l’intégralité de l’abbaye de Romainmôtier, en Suisse, en photogrammétrie manuelle (en appariant à la main les points correspondants sur plus de 3 000 photographies) pour en faire un modèle entièrement texturé, intérieur et extérieur, qui a servi dans un film documentaire. À Cluny, j’ai éprouvé sur le terrain le moteur de photogrammétrie qui deviendrait Acute3D, puis Bentley ContextCapture, ses inventeurs sont venus sur place l’essayer avec moi, captures aériennes par ballons à hélium comprises, avant même de créer leur entreprise.